La route de la soie

Publié le par Odile

Les autorites chinoises ayant decide que le velo est trop dangereux pour les etrangers, nous sommes donc partis visiter le sud du desert du Taklakama en bus. Curieusement, nous, on se sentait pas vraiment en danger a velo ,ni reellement en securite en bus. Mais bon la logique chinoise nous echappe definitivement et il semble que la preparation des JO leur en fasse perdre un peu!
Bref, nous voila partis en bus sur la route appelee "la  route meridionnale de la Soie".

Premier arret : Yengisar
Ville dans laquelle, d'apres le lonely planet, on peut trouver de nombreuses fabriques de couteaux ouighours. Nous nous en avons trouve une, a moitie desertee. Les couteaux fabriques nous inspiraient  "made in China" de part leur qualite et leur robustesse plutot que "Home made" comme ceux qu'on avait pu voir a Kashgar .... encore une bourde du lonely!
Mais nous n'avons pas perdu notre temps pour autant et avons flane dans le marche et etudie de tres pres la fabrication artisanale des glaces!
Mettre tout d'abord la creme dans la baratte en cuivre plongee dans un bac repli de glace venue tout droit des glaciers des montagnes voisines.
Battre energiquement ....
Sortir la glace ainsi obtenue a l'aide de la grande cuillere de bois.

Servir immediatement ... chaleur oblige!


Et deguster... on a surtout pas rater cette etape!

Deuxieme etape : Yargan
Alors la, c'est vrai, qu'on s'est senti vraiment en securite dans le bus. Une quinzaine dans un mini-bus pourri, 200 km dont 150 au milieu du desert (plat et monotone), entre 10h et 15h et avec un chauffeur frisant le mal aise a cause de la chaleur...

Mais la, le lonely dit vrai la vieille ville ouighoure vont vraiment la visite.
Les artisans, disparus depuis quelques temps de nos villes, animent les rues.

Les forgerons





Les apprentis photographes...


Les fabriquants de robots


Les ferblantiers





Les taxis de la grande epoque de la route de la soie..


... les plus modernes

Barbier, coiffeur,...tondeur de chevre!


Ca mitraille!

Les gens posent avec plaisir.

Deux ecoliers en tenue ...  de sport?


Troisieme etape : Hotan
Toujours un veritable plaisir de voyager en bus.
Tournee des pompes a essence avant de partir pour les 400 km de voyage. Impossible de faire le plein donc le chauffeur eteint la clim' pour reduire la consommation....  
Le cable "encore tout bon" de l'accelerateur casse en plein desert a midi! Reparation avec un bout de fil de fer ....
Le bus cale tous les 3 km, les impurtes du fond du reservoir ont du mal a passer...on a fait que 100 km! 
Mais finalement on peut faire le plein et on arrive sans probleme et avec la clim!

Hotan etait une ville importante de la route de la soie car elle abrite des fabriques de tapis, de tissus en soie et du jade se trouve dans le fond de la riviere qui traverse la ville.
 
Fabrication des tapis entierement manuelle: chaque "poil" du tapis est un morceau de laine noue sur la trame.
Travail de "romaines"...


Un travail d'equipe pour les plus grosses pieces, l'ambiance semble detendue mais ca bosse dur.

Les motifs sont parfois surprenants...

Frabrication des tissus en soie, la encore, entierement manuelle.
Extraction des fils des cocons, teinture, filage...

.... mise en place des fils sur le metier a tisser et tissage.



Le resultat... ce sont les tissus traditionnels ouighours.

Christiane avait dit qu'elle ne prendrait JAMAIS le car-couchette...
la preuve:
Juste 24h pour relier Hotan a Urumqi en traversant le grand desert du Taklakama.

Au milieu de notre partie de Ramy voleur, nous avons apercu quelques dunes.
La vegetation entourant la route permet que celle-ci ne soient pas trop ensablee lors des tempetes de sable et elle est alimentee en eau par un goutte a goutte gigantesque.
Pourquoi les chinois ont-ils fait cette route en plein desert? Parce qu'il y a du petrole !! Cela n'empeche pas que les pompes alentours soient souvent vides!!!

Nous sommes  arrives le 9 juin, a Urumqi. Notre plan (le "n ieme" elabore en Chine) etait de rentrer en Kirghisie par le Kazakhstan. En effet notre visa kirghize n'etant valable qu'a partir du 26 juin, il nous fallait trouver une solution pour "occuper" notre temps d'ici la ... les autorites chinoises ayant decide que le velo etait trop dangereux....
Mais en prenant des renseignements sur l'obtention sur visa kazak, nous avons appris qu'il nous fallait attendre une semaine pour l'avoir. Une semaine a Urumqi... DUR-DUR! Sans pouvoir sortir de la ville car les barrages de police ont fleuri depuis un mois sur toutes les routes chinoises a cause de leur paranoia de risques d'attentats dus aux JO... On se sentait dans une impasse.

Nous avons donc elabore le  plan "n+1" : supplier le consulat kirghize de bien vouloir changer les dates sur nos visas pour que nous puissions entrer en Kirghizie directement et le plus rapidement possible.
Inutile de supplier, il suffit de demander! Et enfin le moral a repris un peu d'altitude.
Nous avons donc repris le train vers Kashgar apres avoir dit au revoir a Chriatiane qui elle partait en Mongolie interieure (Mongolie chinoise).

Le 13 juin, nous avons donc repris la route a velo direction le col d'Irkechtam, frontiere entre la Chine et la Kirghizie. Apres 60 km dans le desert sur une route monotone, l'envie trop pressante de quitter la Chine ou tous les itineraires nous etaient interdits nous a pousse a prendre un taxi pour rejoindre la frontiere au plus vite!

Et enfin nous voila libre de rouler ou bon nous semble!
Ah, quelle est belle la Kirghizie!
Le Pamir Alai, frontiere entre le Tadgikistan et la Kirghizie, et la verte steppe : que du bonheur!

On partage la route avec les camions.
La route de la soie est maintenant devenue la route du "made in china". Les camions chinois surcharges mais en bon etat amenent la marchandise jusqu'a la frontiere par une route goudronnee. La, les  camions kirghizes datant d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaitre sont charges en defiant toutes les lois de la resistance des materiaux ou de la physique. La route n'est plus goudronnee, pourrie, defoncee .... et les lois scientifiquement prouvees reprennent souvent le dessus.
De nombreux camions versent sur le bas cote, certains arrivent meme a se retrouver sur le toit. Beaucoup crevent, ou eclatent un pneu. D'autres prennent feu partiellement ou entierement! Il n'est pas rare de voir le moteur depose au bord de la route et le chauffeur faire de la mecanique, noir de graisse.

On va meme plus vite a velo!


Les yourtes sont plantees dans la steppe pendant la belle saison pour permettre aux betails (moutons, vaches, yaks, chevaux) de brouter la bonne herbe grasse.

L'accueil y est toujours tres sympathique. Nous voulions leur acheter du pain et ils nous l'ont offert avec du the. 


Lors d'une pause pic-nic , belle rencontre avec deux garcons tres curieux et avident de discuter avec nous.  


La route allant jusqu'a Osh, traversent plusieurs cols et aire de paturages ou l'on peut admirer une multitude de yourtes.

Nous sommes maintenant a Osh.
Nous repartons demain vers Naryn via le lac de Song Kol.


Publié dans Chine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article